À la semaine prochaine : un public survolté pour la finale au Rialto
Le théâtre Rialto, à Montréal, était plein à craquer jeudi soir lors de l’enregistrement de la dernière émission d’À la semaine prochaine, qui tire sa révérence samedi après 17 ans sur les ondes de Radio-Canada. Philippe Laguë et sa bande ont offert un feu roulant de sketchs qui mettaient en scène leurs meilleurs personnages avec la complicité d'une foule tonitruante. Philippe Laguë, animateur et créateur de cette émission, l’a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises pendant la soirée : le public d’À la semaine prochaine est un personnage à part entière. Tel un chef d'orchestre, il a aiguillé la foule avec ses signes de main, la faisant réagir à des moments clés de l’émission pour que l’énergie dans la salle soit traduite le plus fidèlement possible à la radio. L'enregistrement s'est étalé sur plus d'une heure trente. Les meilleurs moments ont été retenus pour la dernière émission, qui sera diffusée samedi à 11 h sur ICI Première. Philippe Laguë et ses complices sur la scène du théâtre Rialto le 27 mars pour le dernier enregistrement de l'émission. Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard Tous les membres de l’équipe étaient présents : Pierre Verville, Michèle Deslauriers, Véronique Claveau, Dominic Paquet, Pierre Brassard et Benoît Paquette, sans oublier la directrice musicale Nadine Turbide et Alain Collin, Pénélope McQuade, François Legault, le pape François, Manon Massé, Christian Bégin, Sonia Benezra, Dan Bigras, Monique Giroux, Charles Tisseyre, Denise Filiatrault, Lise Thériault et sa fameuse dictée… Des dizaines et des dizaines de personnages ont eu leur minute de gloire, les comédiens alternant entre leurs rôles avec une facilité déconcertante, preuve d’une formule parfaitement huilée après 17 ans. Avec son registre vocal impressionnant, Véronique Claveau a marqué l'émission avec ses nombreuses imitations, notamment celle de l'incontournable Céline Dion. Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard Après l’enregistrement, l’équipe est restée longtemps sur place, signant des autographes et prenant des photos avec tous les admirateurs qui le souhaitaient. Interrogé après cette dernière marque d’amour à son public, Philippe Laguë rayonnait encore, visiblement plus exalté que triste en cette soirée d’adieu. Le reportage de Nabi-Alexandre Chartier. L’animateur et comédien semblait surtout satisfait du chemin parcouru depuis 2008, année où il avait présenté sa proposition décalée au diffuseur public après avoir œuvré plusieurs années à l’émission Macadam tribus. De gauche à droite : Benoit Paquette, Pierre Verville, Michèle Deslauriers, Philippe Laguë, Dominic Paquet et Pierre Brassard lors du dernier enregistrement d'À la semaine prochaine. Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard Les chiffres d’À la semaine prochaine ont de quoi donner le tournis : plus de 500 émissions, des centaines de personnages fictifs ou réels, près de 10 000 sketchs et trois Olivier pour la meilleure émission d’humour à la radio. Tout un imaginaire à construire et à entretenir pendant 17 ans : la tâche n’a pas été mince. Philippe Laguë conclut l'aventure d'À la semaine prochaine encore un peu sur son appétit, se considérant choyé d'avoir reçu l'amour continu du public pendant 17 ans. Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard L’animateur se réjouit aussi de la capacité qu'a eue l’émission d’intéresser des gens de tous les horizons à l’actualité québécoise, qu’ils soient naturellement portés vers la chose ou non. Je voulais créer une émission qui était comme une cuisine. Je disais aux auteurs : "Je veux que ça sente le bacon, les œufs et les toasts." L'amour entre les collègues de l'émission était contagieux au Rialto lors de leur dernier enregistrement. Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard La dernière émission d’À la semaine prochaine sera diffusée samedi à 11 h sur ICI Première. Elle sera rediffusée dimanche à 16 h. Une émission qui rassemblera les meilleurs moments des 17 saisons sera également diffusée le 5 avril à 11 h.
le meilleur bruiteur au monde
, selon les mots de Philippe Laguë. 
Le sentiment du devoir accompli

Oui, j’aurais aimé qu’on se rende à 20 saisons, je trouvais que c’était un beau chiffre
, a-t-il concédé. Mais c’est ma décision. Ça ne correspondait plus aux conditions que je voulais pour l'émission. Quand j’ai soumis mon idée à Radio-Canada, je voulais qu’il y ait du public, un bruiteur, une recherchiste, etc. Si tu commences à enlever des morceaux, ce n'est plus ça.
On a été 15 ans numéro un à la radio, donc il y a quelque chose du devoir accompli
, a-t-il expliqué.
Discipline d’enfer
C’est six jours sur sept. C’est une discipline d’enfer. Une émission, on écrit ça en trois jours. Brainstorm vendredi, écriture lundi, mardi, mercredi et show jeudi
, a expliqué Philippe Laguë.T’es tout le temps là-dedans, mais moi, c’est une extension de moi-même. Mon esprit est tout le temps tourné vers ça. Écrire des textes avec des auteurs, c’est le fun, c’est passionnant.

C’est arrivé avec toutes sortes de nationalités, toutes sortes de nouveaux arrivants
, a-t-il raconté.Le but, c’était de ramasser le plus de monde possible. Quand j'étais à Macadam tribus, j’étais plus incisif, plus politisé. Les purs et durs de Macadam tribus m’écrivaient au début : "Mais qu’est-ce que tu fais, de l’humour facile?" Mais moi, c’est ça que je voulais : un espace pour parler, pour rire, pour chanter.

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